Du dimanche 29 juin 2008 Au dimanche 31 août 2008:
Communes
: Gravelines (CUD)
Cat
: expositions
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68 AVANT 68 - LES EDITIONS DE LA TORTUE
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Un panorama des éditions La Tortue réalisées de 1965 à 1980 + oeuvres de la collection personnelle de François Paul-Cavallier, Fondateur des éditions La Tortue. |
C’est en 1965 que les éditions La Tortue ont été fondées par François Paul-Cavallier au sortir de l’université qui l’avait préparée à être économiste. Le premier ouvrage de bibliophilie publié est une lettre : Pensées sur l’amour de Dieu de sainte Thérèse d’Avila tirée à six exemplaires sur presse à bras et illustré de pointes sèches de Vera Pagava. En 1967 un accident de travail affectant la vue met fin à la vocation de François Paul- Cavallier comme créateur d’ouvrages de bibliophilies. La Tortue voit dans l’estampe et la gravure un moyen de démocratiser l’art contemporain. Elle décide alors d’éditer des estampes originales à tirage limité des plus grands artistes contemporains de l’époque et surtout de les faire circuler. François Paul-Cavallier les diffuse alors dans le monde entier auprès des musées et des grandes entreprises qui à l’époque créent des fonds artistiques pour décorer leur siège : Chase Manhattan Bank, Westinghouse, Alcoa, Standar-Oil. La Tortue ouvre également les premières galeries d’art sur les trains express Le Mistral et le Lyonnais et exporte les jeunes graveurs français aux USA, Japon, Afrique du sud, Iran, Israël, Hong Kong, Brésil et dans tous les pays d’Europe. En 1968 un artiste de La Tortue : Christian Fossier obtient le premier prix de gravure de la Biennale de Paris avec des gravures monumentales (1000 x 1500 mm) pour lesquelles les ateliers Frélaut-Lacourière ont créé une presse et les papeteries Arjomari ont fabriqué une tonne du papier hors format nécessaire à ce projet. C’est l’époque des grandes Foires d’art contemporain, La Tortue fait partie des fondateurs de la FIAC, située alors dans l’ancienne gare de la Bastille, mais aussi de la Foire de Bâle, de Washington, de Bruxelles. A la fin des années 70 le futur s’assombrit, un grand éditeur issu de l’industrie cosmétique produit des estampes à grand tirage avec parfois des tirages différents de la même oeuvre en variant les couleurs, c’est la fin d’un monde de création respectueux d’une déontologie. Les promesses illusoires d’une ère nouvelle et idéale des années 80 paraissant pour les moins irréalistes et mensongères. Les éditions La Tortue ont fermé fin 1980 et son fondateur a repris des études pour s’orienter vers les Sciences humaines. Reste en témoignage la liste des artistes édités et diffusés de par le monde comme une stèle aux anciens combattants de l’estampe originale à tirage limité : Abram, Agam, Agra, Amann, Arnaïz, Bafoil, Baltar, Baltazar, Bruno Bruni, Buchholz, Cabé, Delcol, Dimitrienko, Dugain, Dussaulx, Ebbesen, Erb, Esmeraldo, Fiorini, Fossier, Gäfgen, Garache, Ghesquière, Godin, Groschène, Houdouin, Kallos, Kaminska, Le Bars, Le Foll, Lowel Nesbitt, Manuela Jorge, Masurowsky, Mesterou, Milcovitch, Monir Islam, Montyn , Pagava, Pandini, Pearlstein, Seuphor, Skorczewski, Soisson , Sovák, Szenes, Tuan, Tyszblat, Viot, Von Leitner, Wong-Moo Chew.
Libido originale " Il n’est pas de concept de vie qui ne passe par le corps, même le plus abstrait, l’âme trouve dans le corps une demeure. La gravure est, une manière de donner corps aux turbulences des passions qui nous habitent, de laisser émerger la folie, de franchir la ligne intermittente de la psychose. Le choix est une création, le collectionneur, l’éditeur en disent plus sur eux-mêmes que sur les oeuvres qu’ils choisissent. Ce qu’ils re-gardent est ce qu’ils gardent. La collection est inévitablement un autoportrait. Le geste de garder est plus important que la chose gardée. L’art est imprégné de pulsions, de corps et de sexe, comme pour justifier que la vie humaine est gouvernée par le jeu des attirances entre oestrogènes et testostérone. Comme l’amour que le cuivre nourrit pour l’encre grasse, la chair du papier viendra la cueillir dans l’entaille. Impression puissante qu’il est un ordre naturel qui se retrouve dans chaque geste humain. L’acte de création, la trace, la gravure sont des gestes de transmission tout comme la procréation humaine. Le burin (stylet) masculin pénètre la matrice, geste d’ouverture, pour faire trace dans la lignée. L’incarnation des pulsions et des corps, les mots de l’estampe nous y renvoient : amour, barbes, creux, épair, épreuve, forme, matrice, morsure, passage, sillon sont autant de métaphores corporelles. Nulle surprise que je sois passé de l’édition d’estampe à la plomberie de l’âme. Cette traversée du miroir m’a simplement fait basculer de l’autre côté, maintenant je marche sur la grève, là où la mer est au rivage ce que le rivage est à la mer… l’empreinte des pas au sol est une gravure primitive. Cette exposition est le témoignage humble et fugitif d’une époque où l’estampe originale avait ses valeurs, elles sont aujourd’hui dans l’ombre. Il n’y a d’espérance que pour ceux qui la désirent. Ayons confiance, le temps de l’estampe originale reviendra. Cet échantillon de ma collection, c’est un peu de moi-même que je laisse à Gravelines. Moi qui suis né au sud de la France, à Bayonne je viens déposer ces estampes au nord, cheminant tout au long de cette grève qui caresse l’ouest, comme pour confirmer que le partage et les différences de ciels nous unissent plus qu’elles ne nous séparent." François Paul-Cavallier 2008
ANIMATIONS Visite guidée Public adulte - Durée 1h - Tarif (entrée + guide) : 3€ |
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| Tel
: 03 28 51 81 00 |
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Du 29 juin au 31 août 2008
Musée du Dessin et de l’Estampe Originale de Gravelines Château, Arsenal 59820 Gravelines
2€ (Gratuit enfants et étudiants) Ouvert tous les jours sauf le mardi. Horaires jusqu’au 30 juin : 14h – 17h, week-end : 15h – 18h Horaires en juillet et août : 14h - 18h, week-end et jours fériés (14 juillet et 15 août) : 10h-12h et 15h–18h |
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